Depuis plusieurs années, la ville d’Arleux veut rendre au marais un aspect plus “naturel”, authentique. C’est une reconquête de l’espace naturel.
Elle est maintenant aidée par la Communauté d’agglomération du Douaisis, Noréade, la région Nord - Pas de Calais, l’Agence de l’eau.
Propriétaire des terrains, elle rachète les chalets au moment de l’achèvement de leur bail de location. Ces démolitions sont associées à un désamiantage minutieux. Enfin les parcelles sont replantées.
Les habitants y vivaient parfois à l’année, sans eau, sans électricité et sans assainissement ; d’autres les utilisaient comme lieu familial de loisir, de pêche et de repos.
Les photographies qui suivent enregistrent quelques moments de cette “déconstruction” progressive, entre 2009 et 2010 .
8 suites de 8 photos 13 x 19 cm exposées sous verre 50 x 70 cm en salle des fêtes d'Erchin (59).
Suites ludiques ? Suites faisant boucle, de la matière colorée à l'image colorée.
Elles fixent certains moments du tournoiement du photographe autour de son objet.
Ou de son sujet si on le regarde au centre de sa toile
Vague rappel d'une planche-contact d'un reportage.
Le constat de l'impossibilité foncière de toute captation visuelle fidèle et univoque du réel.
Circularité / recherche / insaisissabilité.
Mais porte finalement laissée entrebâillée.
Retrouver l'impression de la brume qui fait disparaître la vision et le repérage spatial.
Du proche au lointain, retour à un état de perception indifférenciée, pré-analytique, juste avant la conscience nette du monde.
2009, 24 images.
Qu'est-ce qu'une porte ?
Le battant, le cadre, réels ou symboliques, qui nous permettent
de regarder au-delà.
Qu'est-ce qu'un passage ?
Un entrebâillement ouvert à nos pas, franchissement, extraversion,
libération, ou au contraire retour, renfermement.
Face au visible, pour tenter de le traverser.
Qu'y a-t-il derrière une porte ?
2009, 37 images.
Résultat de promenades et randonnées dans la vallée
de la Sensée, entre le Nord et le Pas-de-Calais.
Photographies prises entre 2005 et 2009.
2009, 26 images.
Brume et recouvrement…
La brume n'empêche pas la résurgence. Emprisonne-t-elle un
regard second ?
Tant recouvrement que découvrement du monde, elle dévoile
et/ou masque.
Perception dans le double mouvement que fait le regard vers le monde,
que tente le visible vers l'œil.
Voile de vérité, mais vérité simple, sans
épaisseur.
Ombre grise et pâle jetée sur le réel. Neutralisation.
2009, 15 images.
La photographie est un reflet, porté par la lumière.
S'autophotographier n'est que refléter un peu plus, une fois de
plus.
Cet acte replace le photographe au milieu du réel, ce qui contrebalance
sa tendance à la prise de recul.
Mais ici cependant, cela reste reflet, image affaiblie et déformée,
parfois jusqu'à l'abîme.
2008, 27 images.
Journée d'avril, demi soleil.
Promenade et immersion dans le centre ville modifié par la construction
du tram.
Peu de monde.
Les artères recouvertes de pelouse éliminent l'automobile
; les livreurs font demi-tour sur le gazon central.
Le jardin public, nostalgique, entre nature et abandon.
Le musée et son kiosque sur la place du marché.
Le Phénix, vu de l'extérieur, grosse bâtisse moderne
et plaquée de gris et de rouge, fermé sur lui-même,
ne délivre que des reflets.